dimanche 30 décembre 2007
-Avoir une vie de jeune fille rangée (mais si)-
Ceci n'est pas une liste prématurée de bonnes résolutions. Mais seulement une expérience pour voir si le principe des bonnes résolutions aura lieu d'être dans deux jours. Ou pas.
- Envoyer les invitations pour la soirée de mercredi.
- Lire et ficher Dandrey.
- Imprimer et faire cet exercice de linguistique.
- Commencer cette dissertation sur La Fontaine lundi, au plus tard.
- Réviser le latin.
- Faire ces études de vocabulaire en ancien français (surtout que j'ai plus d'excuses vu que j'ai la preuve maintenant que le Père Noël est sadique)
- Me mettre aux versions d'anglais...
- Puis à la civilisation aussi...
- Reprendre ces quatre kilos que j'ai perdu sans me rendre compte.
- Guérir de cette angine (ou vilain rhume, mais angine c'est plus poétique).
Et pour ça :
- Arrêter de traîner sur msn.
- Manger quand maman dit c'est prêt !
- Passer moins de temps inutile au téléphone.
- Ranger ma chambre parce que ça sera sûrement stimulant (mais si).
- Prendre des dolipranes et dormir plus.
- Remettre Oncle Vania à plus tard.
- Puis faire les choses aussi, et pas se contenter de seulement. Projeter.
mercredi 26 décembre 2007
-Grow grow grow-
Ca y'est, il a neigé un peu. De la vraie neige, pas ce brouillard givrant qui nous a fait arriver à Strasbourg deux heures de retard. Le premier jour, j'étais contente de rentrer. Mon père aussi était content que je sois là. Le lendemain, j'avais l'impression de n'être jamais partie, tellement tout ressemble à l'an dernier. La même atmosphère, les mêmes paroles blessantes, la même tension, et cette dépression qui les continue à les noyer tous les deux.
Je suis de nouveau réveillée par des engueulades entre mon père et ma mère, le jour de Noël. Ils se font la tête toute la journée. Et ma mère, qui était toute émue que je sois revenue pour les vacances, me dit oh non, maintenant, je suis bien installée sur le canapée, me dérange pas quand je lui demande de venir m'aider à emballer le paquet de Laurie. Et devant mes déclinaisons de latin, je n'arrive pas à me concentrer parce qu'Eric se dispute avec mon père. Alors je survole mes devoirs. Et je compte presque les jours qui me séparent de mon retour dans le calme de ma petite chambre toulousaine... Ca devrait me faire mal, et pourtant non. Ca ne me fait plus rien. J'appréhende juste le retour définitif, en juillet. C'est tout.
jeudi 20 décembre 2007
-"Pour faire de la poussière un peu plus que du sable"-
Rentrée de Mademoiselle Julie de Strindberg, je m'affale sur mon lit. Je traîne de blogs en blogs, de myspaces en myspace. Je consulte le site de l'université de Toulouse débloquée ce matin par deux-milles étudiants (dont je faisais héroïquement partie ; mais bon, je vous rapporterai plus tard le récit épique de mes aventures dans les galeries du Mirail). Et j'arrive là-dessus (oui, c'est ma fac, ce bâtiment...). Puis je tombe là, par hasard. Et j'écoute sa jolie voix qui a bercé toute mon adolescence. Et progressivement, les choses prennent une autre couleurs ; et progressivement, les choses s'éclairent, ça devient un peu plus simple : on est tous une bande de cons en train de crever, et le seul qui s'en sortira, il dort à l'Elysée...
lundi 17 décembre 2007
-First snow, "when the wind turns on the shores lies another day" *-
Ce matin, quand j'ouvre les volets, je suis aveuglée par une lumière blanche. Ma petite chambre du troisème étage se remplie d'une lumière blafarde qui s'intensifie au fur et à mesure que je tourne la manivelle. Au bout de quelques secondes, mes yeux s'habituent. Les arbres sont recouvert de givre, les pare-brises des voitures - sur lesquelles des étudiants ont écrits des mots genre Joyeux Noël ou Mais il est où le Soleil ? (enfin ça c'est ce que j'ai prévu d'écrire sur la voiture de Manu, ma voisine corse) - aussi.
Et j'envoie une photo de ce paysage en sucre glace à Hélène, la pauvre est en plein concours blanc à Henri IV. Paix à son âme.
* Beth Gibbons - Mysteries.
samedi 8 décembre 2007
-Vera-
Je voudrais qu'il y ait de la lumière dans ma maison et que les jours ne soient plus gris et tristes comme des flaques d'encre sur un mur blanc, je voudrais que mes yeux aperçoivent un sourire sur le miroir tacheté et qu'il y ait des milliers d'espoirs eparpillés sur le chemin qui mène à la route, je voudrais qu'il y ait du café chaud et des tas de sourires à recevoir, je voudrais qu'un chat au regard de tendresse vienne se blottir sur mes genoux comme moi je ne pourrai jamais le faire, je voudrais qu'on me caresse l'épaule pour me signifier qu'il est l'heure de se lever et qu'on me dise quel jour on est, et pourquoi pas aujourd'hui et pourquoi pas demain. Je voudrais que les nuits soient comme des caresses et le sommeil comme une larme sur la joue d'un enfant, je voudrais m'endormir sur moi-même avec une petite lumière au creux de la main et puis me reveiller au milieu de la nuit pour la donner à mon coeur blotti au creux de mon corps.Je voudrais qu'il y ait des tas d'étoiles par terre et des bougies partout dans ma maison et puis...
Mais tous les jours, se réveiller le vide au creux du corps, et voir son visage morose dans le miroir et se répéter qu'il y en a encore un, encore un jour sans savoir où le bout du chemin, et tous les jours se haïr d'être là, tel que l'on est, amoureuse de toutes celles qu'on ne sera jamais... Et tous les jours espérer sans croire qu'une étincelle va jaillir sous vos pieds fatigués, et tous les jours espérer sans pouvoir devenir celle que l'on a imaginée...
Et tous les jours voir ses mains répéter les mêmes gestes et sentir le même étau dans la poitrine, la peur, la peur de soi, qui s'étend,et se repût de vous... Et tous les jours se dire que le soir, on sera semblable à la veille, et tous les jours se dire que l'on attend le soir pour mourir un peu plus...
Valérie Valère

mercredi 5 décembre 2007
-De la mauvaise confiance-
Hier, 18h, la patronne laisse un message sur mon portable : Bonsoir Claire, donc c'est pour savoir si tu es libre demain midi pour faire le service du repas d'inauguration du parking de Leclerc. Je rappelle en disant que oui. - Tu pourrais être là une heure avant ? - Oui oui je serai là, à d'main ! Je raccroche, méga contente d'avoir été séléctionnée pour représenter Pizza Hut (oui, j'ai des joies simples...) parce que hein, je les connais ces histoires de dîners d'inauguration tout ça, où on prend les filles les plus jeunes et les plus jolies (?) pour faire bonne impression.
Donc ce matin, j'enfile ma tenue de combat jupe et mon T-shirt Pizza Hut collection, je mets mon écharpe et vérifie encore sur le linéaire pour voir si je suis bien au centre Leclerc ce midi et pas au restaurant à remplacer les autres avec toutes les nouvelles. C'est bien écrit. Je vais rejoindre les autres serveuses, plus vieilles que moi, qui terminent leur clope ou leur café. Je suis contente surtout parce que je constate que je suis avec les plus jolies serveuses,. Forcément, ça flatte mon ego.
Mais. Au moment de partir, Guillaume me dit : ah non Claire, finalement tu restes ici, tu formes Carol. Je manque de m'étrangler en avalant mon envie de meurtre sur ladite Carol et demande à Guillaume de répéter, hebêtée. Face à cette injustice, je reste muette et immobile. Vexée, blessée, je trouve la décision (qui vient pas de Guillaume mais de je-ne-sais-qui) cruelle. Mais ma colère monte d'un cran quand j'entends que Sonia (la grosse *****) me remplace à ce repas, encore d'un cran quand le patron demande finalement Carol de venir les rejoindre au centre Leclerc (sachant que là-bas y'a que des serveuses vieilles de minimum 4 mois), et encore plus quand les filles reviennent vers 16h en disant qu'elles ont eu 33 € de pourboires chacune et qu'en plus elle ont eu de boire du champagne, qu'il y avait que des beaux garçons, etc. Mais le pire c'est quand même quand cette ***** de Carol dit avec sa voix criarde ah ouais ben moi j'me suis fait draguée par un mec trop class' (authentique) !!! On a échangé nos num's (re-authentique), bon il est ouvrier, c'est pas terrible mais bon ; je manque de m'étouffer une deuxième fois en avalant un et alors il est ouvrier, ça veut dire quoi ça ? Tu crois que t'es quoi toi ? T'es serveuse de junk food c'est pas mieux hein. Tais-toi Claire, tais-toi...
Je rentre du travail vers 17H, crevée, avec 6,30 € minables de pourboires. Je l'ai mauvaise. Je râle contre toutes les voitures sur la rocade. Mais en fait, je suis vexée. parce que je prends tout ça pour une attaque personnelle du genre : t'es pas assez jolie pour y aller, au repas de Leclerc. Je remarque donc que j'ai toujours eu besoin des autres pour savoir ce que je vaux. C'est bête, mais j'y peux rien.
lundi 3 décembre 2007
-Le Livre du Bonheur (Berberova)-
- Merci encore – répéta-t-il une nouvelle fois en la regardant, puis il ferma les yeux. Quand il les rouvrit, grands et clairs, Véra eut le sentiment que quelque chose s'éteignit à côté d'elle, sa propre vie, si amère, si dure et si belle, fait de séparations, de contrées étrangères et de larmes salées.