lundi 16 juin 2008
-"You breathed then you stopped, I breathed then dried you off"*-
Quand j'entre dans l'épicerie, les portes automatiques se referment sur moi. J'ai à peine le temps d'avancer pour sauver ma peau. Le monsieur à la caisse me souris : et ben, vous avez eu chaud ! Je pénètre dans le magasin, attrape la semoule fine, le sucre et une petite bouteille bleue de fleur d'oranger. Puis je me dirige vers ce même monsieur. Pendant qu'il bippe mes articles, je le regarde. Il doit avoir la trentaine. Ses bras et sa nuque sont couverts de tatouages. De toutes les couleurs. Je repense à R. en me disant que les siens étaient nettement moins beau. Voilà, 4,07 € mademoiselle sivouplé. Pendant que je cherche dans mon petit porte-monnaie rose, je sens son regard se poser sur moi (pourquoi on sent ce genre de choses ?). C'aurait été dommage que vous soyiez coupée en deux quand même, mignonne comme vous êtes, il finit par dire. Je lève les yeux, lui tend une poignée de pièces jaunes et rouges. Oui, faut vivre dangereusement. Sinon, ça vaut pas le coup, je lui lance en souriant avant de disparaître, en prenant soin de pas me refaire agresser par le progrès technique, cette fois.